Journal de bord : naissances !

Au début, ce n’était que de petits « piou piou », murmurés du fond d’une poche incubatrice, invisibles, puis, après de longues heures à guetter le dessus des pattes des Empereurs, nous avons enfin vu les adorables bouilles des poussins tout juste éclos. Eh oui, ça y est, la colonie des Empereurs a officiellement ses premiers poussins ! (Le blog officiel de la TA, que je vous conseille d’aller voir, m’a bien sûr devancé sur cette information).

Un empereur mâle, assez maigrichon, et son poussin.
Argh non ! Il avait trop faim ! Il mange son poussin !
Ah, non en fait, il le nourrissait. J’ai eu peur.

Ces naissances sont concomitantes avec les premiers retours des femelles. Après près de 2 mois éloignées de la colonie, les revoilà ! Pour revenir, elles ont du marcher sur environ 300 km de banquise, avec une moyenne de 2 km/h, sans compter les pauses… Elles reviennent bien grasses, les réserves adipeuses et l’estomac rempli après leur voyage en mer, prêtes à prendre la relève de la couvaison (d’un oeuf ou d’un poussin). Les mâles, eux, ont attendu tout ce temps, en couvant leurs oeufs, sans manger, bien sûr. Pour les mâles arrivés le plus tôt à la colonie, ça fera bientôt 4 mois sans repas. Leurs réserves s’amenuisent et on constate en effet qu’ils ont bien maigri par rapport au début ! Certains ont déjà perdu la moitié de leur poids de départ.

Piou piou piou.

Mais comment faire si le poussin nait avant que la femelle ne revienne ? Le petit, dès l’éclosion, a besoin de manger. Or, ça fait 4 mois que le mâle n’a rien mangé, alors comment régurgiter ? Chez les manchots royaux (dans les iles subantarctiques), une molécule, la sphéniscine, est produite par l’estomac du mâle. Cette molécule empêche la dégradation des proies dans l’estomac des manchots, et le poussin qui nait est nourri par des proies non dégradées, non moisies et non putréfiées. C’est assez pratique. Mais, nous parlons ici des empereurs, et eux, après 4 mois, ils font comment ? A priori, les manchots empereurs n’ont pas de sphéniscine (à ce que je sache) et donc ne régurgitent pas de proie entière non dégradée, non putréfiée. A la place, ils allaitent. Enfin, euh, non, ils n’allaitent pas, mais l’idée est la même : ils produisent une substance liquide par leur oeosphage, riche en lipides et protéines, qu’ils régurgitent à leur petit. On appelle ça, couramment, le « lait de jabot » (alors que ce n’est pas du lait et que les manchots n’ont pas de jabot, tout ceci n’a aucun sens, mais que voulez-vous…).

Déplacement de mâles couveurs d’un endroit à un autre.

Cette capacité à produire une substance par l’oesophage ou le jabot et à la régurgiter à sa descendance existe chez d’autres oiseaux : les colombidés (le fameux « lait de pigon », à ne pas confondre avec le lait de poule…) et les flamants roses.

Poussin sous la neige, protégé par un parapluie en plumes naturelles de parent.

Tout ça pour dire, même si les éclosions commencent à survenir à tout va et que peu de femelles sont encore revenues, les mâles, s’ils ont encore assez de réserves, pourront nourrir leur poussin. Ouf !

De la neige !

La mid-winter

La mid winter ? Mais c’est quoi déjà ce truc ?

La mid winter (appelée couramment « la mid », parce que sinon, c’est trop long à dire), c’est une semaine de relaxe où on en fout pas une notre travail est réduit au minimum afin de pouvoir profiter de simili vacances avec des activités plus ou moins organisées. Pour savoir comment organiser cette semaine, en théorie, nous élisons un parti, dont la tête de liste est nommée « Onz’TA », après une semaine de furieuse campagne, où tous les coups bas sont permis, voire encouragés.

La semaine de propagande précédant la mid a été l’occasion d’assister à la réalisation de clips vidéos d’une qualité exceptionnelle. Trois partis s’affrontaient : Bio-trale 22 (une association de Biomar, de la centrale et de la menuiserie, dont ma co-hivernante était tête de liste contre son gré), la Boisnarchie (un parti dictatorial, qui après une révolution interne est devenu le CHIE, sans le Boisnar) et le PPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPPOF (ne me demandez pas ce que veulent dire tous les P, j’ai oublié, mais le O est pour Ornitho !).

Les trois têtes de liste lors du grand débat sur pourquoi il faut voter pour eux.

Au final, après un vote très serré et une volonté féroce d’obtenir une égalité par plusieurs protagonistes, un des trois partis a malheureusement remporté la victoire et, après quelques photographies, a renoncé au titre et l’a partagé avec l’ensemble des personnes de la mission. Ainsi, nous fûmes toutes et tous porteurs du titre de Onz’TA, et c’est dans cette ambiance collégiale que nous avons proposé des activités et créé un calendrier prévisionnel de la semaine de festivité.

Le vote se faisait sous le regard institutionnel de notre Dista.

Au menu : des activités dignes d’enfants de 5 ans, des jeux apéros, des soirées à thème, des petits-déjeuners améliorés, des activités manuelles… Bref, de quoi s’amuser. Pour vous donner un aperçu de ce à quoi pouvait ressembler la mid, voici quelques photographies agrémentées d’explications sur notre semaine.

Ainsi, j’ai organisé avec 2 comparses une chasse au trésor sur toute l’ile. Les équipes, de 2-3 personnes, avaient chacune une piste à suivre pour trouver un morceau d’indice final. Tout était dans la coopération, pour éviter que de petites tensions ne se créent à cause d’une compétition inutile. A la fin, tout le monde était rouge et transpirant, du fait de la course effrénée que nous leur avons fait subir et de leur implication physique et émotionnelle. Tout ça pour découvrir un apéro avec rillettes et pâtés végétariens dont nous avions mangé la moitié…

La descente vers le Mat Iono est raide !
Le Mat Iono, dans toute sa splendeur, avec à son pied, un petit shelter digne d’un film d’horreur style bâtisse des années 50 abandonnée.
Le petit shelter du Mat Iono, digne d’un film d’horreur style bâtisse des années 50 abandonnée.

Nous avons fait une soirée impro, dont les thèmes étaient tous plus inattendus les uns que les autres (scène de drague à la campagne en chant, ode au grand schtroumpf, noël chez les nutritionnistes…).

Une ode au grand schtroumpf.
© Camille Mermillon

Une des activités de la semaine était le lancer de hache. Nous n’avons perdu que 3 mains et 1 œil, ce qui est un résultat assez satisfaisant.

Quand aux soirées… ahhh… les soirées. Les soirées furent variées et diverses, mais toujours sympathiques. Il y a donc eu une pyjama party que j’ai subtilement esquivée par peur des ronfleurs, suivi d’un lendemain matin bisounours avec crêpes et gaufres.

Le lendemain était sous le thème Murder Party ! Quoi c’est donc une « murder » ? C’est une sorte de grand jeu de rôle où il faut résoudre une énigme. Chaque personne a donc un rôle à tenir, qui lui a été distribué préalablement, et a certaines clés pour comprendre le mystère. J’étais donc, avec mon binôme, une mafieuse de haut vol, qui se faisait passer pour une éditrice de renom. Il y avait des pseudo-magiciens, des gourous de pacotille, des antiquaires chasseurs de démons, un écrivain délirant… Tout ce mic mac donnait une ambiance joyeuse et farfelue, qui nous a permis de nous plonger dans un univers bien différent, loin de l’antarctique.

Mon binome et moi, en mafieux italiens de haut vol. La grosse classe.
© Camille Mermillon
Différents personnages essayant de comprendre la schmilblik.
© Camille Mermillon

Le vendredi soir, nous avons organisé les manchots d’Or des Miss et Mister TA. Le but était de se déguiser dans le genre opposé au sien, de la façon qui nous plaisait (soit la plus crédible, soit la plus fantasque…), avec une remise de manchots en cartons pour les prestations les plus marquantes.

La soirée des Manchots d’Or.
© Thomas Mougeot

Enfin, la dernière soirée était sous le thème du Far West. Pour cela, tout au long de la semaine, nous avons confectionné décors et déguisements. Je me suis notamment occupée de réaliser un pseudo-totem d’inspiration amérindienne, aux couleurs chatoyantes, et je me suis moi-même déguisée en pseudo-totem d’inspiration amérindienne aux couleurs chatoyantes.

Le déquisement en pseudo-totem d’inspiration amérindienne aux couleurs chatoyantes et le pseudo-totem d’inspiration amérindienne aux couleurs chatoyantes.
© Thomas Mougeot

Puis la mid s’acheva, avec plus ou moins de lendemains difficiles. Un petit concert de notre orchestre national sonna le glas de la fin. Une bonne semaine, intense en jeux et sociabilisation, dont j’ai bien profité et qui m’a donné la hâte de retrouver la colonie de manchots que j’avais presque délaissée pour une semaine.

Notre orchestre national, composé d’une flûte, une guitare, un accordéon et un cornet à piston.
Le silence de la banquise.
Une nuit d’aurore.

Calendrier : Juillet

Bienvenue en Juillet ! Déjà ! Que le temps passe vite quand on s’amuse. J’en profite pour vous faire un petit résumé de ce qu’il s’est passé dernièrement. Nous avons fêté la Mid-Winter, à l’occasion du solstice d’hiver. La journée la plus courte était tout de même longue de 2h30 et nous avons eu près de 4h de lumière. Durant cette semaine de mid-winter, beaucoup d’activités ont été organisées et je compte rédiger prochainement un petit article à ce propos, illustré de photographies compromettantes.

Du côté des manchots, j’ai la joie et le bonheur de vous annoncer que la première femelle a été vue de retour aujourd’hui et nous avons entendu (sans pouvoir le voir) le premier poussin hier. Les mâles qui étaient couveurs et seuls depuis un mois vont bientôt pouvoir s’en aller en mer, après près de 4 mois de jeûne.

Sans plus tarder, l’image du mois (qui sera peut-être la dernière car je n’ai pas d’image faite pour les mois d’après, oups).

Rencontre avec un illuminé.

Des nouvelles de la manchotière

Voici longtemps que je n’ai pas donné de nouvelles sur ce qu’il se passait en ce moment en Antarctique.

Coucher de lune et lever de soleil sur une manchotière endormie

D’un point de vue humain, nous continuons à avoir nos petites habitudes : soirée jeu le mercredi, film le dimanche, café après le repas, tournée générale de tisane le soir… Quelques tensions pointent parfois le bout de leur nez, ce qui semble normal, puisque nous cohabitons tous ensemble depuis près de 6 mois. On peut noter qu’aucune tentative de meurtre n’est à déplorer, preuve d’une bonne ambiance globale dans la mission. Des petites sorties de groupe sur la banquise sont organisées afin de profiter de l’air frais et des rayons du soleil. Avec mes deux comparses de méfait, nous avons enfin fini l’escape game dont je vous parlais il y a quelques temps. Apparemment, il a eu un certain succès, ce qui me motive à peut-être en réaliser un autre.

Manchot tentant de cacher le glacier derrière lui.

Mais trêve de bavardage sur les primates avec lesquels j’ai le plaisir d’hiverner. Parlons un peu des manchots.

Et qui a encore le soleil en plein dans les yeux ?
Grattage synchronisé : le sport favori des manchots

Les manchots empereurs sont les seuls animaux d’Antarctique à se reproduire en hiver. Ils arrivent donc au moment où tous les autres partent, vers mars, et forment une colonie. Les individus chantent et se déplacent beaucoup au sein de cette colonie jusqu’à trouver un partenaire. La fidélité des empereurs d’une année sur l’autre est estimée à 15%, ce qui est assez faible comparée aux autres manchots. Les femelles chantent plus que les mâles à ce moment-là car elles sont plus nombreuses. Il semblerait que l’espérance de vie des mâles soit plus faible et entraine ce déséquilibre du sexe-ratio. C’est donc assez fréquent de voir deux femelles se battre à coup d’ailerons ou de bec pour un mâle.

La neige devient vite verte sous une colonie d’empereurs.

Une fois le couple formé, les manchots ne chantent plus. Les deux membres du couple restent collés à l’arrêt et très proches lors des déplacements. En cas de séparation physique, les retrouvailles sont assez rapides, chacun chante ou crie de son côté jusqu’à retrouver l’autre. On peut facilement différencier le mâle de la femelle d’un couple : le mâle est plus grand et plus gros que sa partenaire. Par contre, quand un individu est seul, la tâche est bien plus ardue : est-ce un mâle un peu maigrichon ou une grosse femelle ? C’est souvent difficile à dire.

Alors ? Mâle ou femelle ?
Alors ? Mâle ou femelle ?

Vers mi-mai, la majorité des manchots se retrouve en couple, et la manchotière devient bien plus silencieuse. C’est aussi le moment où on observe le plus de copulations. Tout un cérémonial se met alors en place : le couple s’éloigne un peu de la colonie, ils baissent alternativement la tête, la femelle se couche à plat ventre et relève sa queue et le mâle monte sur son dos, avec plus ou moins de difficulté et tente d’aboucher son cloaque avec celui de la femelle. Il est assez fréquent d’observer d’autres individus, isolés ou en couple, venir pousser un mâle essayant de se reproduire. Pourquoi ? L’explication « ce sont des chenapans » ne me parait pas entièrement satisfaisante, et c’est pourtant souvent la première qui vient à l’esprit. Non, en vrai, je ne sais pas. Ce sont des chenapans ?

Copulation d’un couple.

Trois semaines plus tard, la ponte a lieu. De nouveau, un cérémonial se met en place : la femelle va à l’écart de la colonie et est suivie par le mâle. Elle pond son œuf, le met sur ses pattes et le montre à son partenaire en chantant. Les deux montrent alors successivement leur poche incubatrice et le mâle montre un intérêt grandissant pour l’œuf. Au bout d’un moment d’une durée assez aléatoire, la femelle recule et laisse son œuf sur la banquise que le mâle s’empresse de récupérer et de caler sur ses pattes, au chaud. De nouveau, les deux chantent puis la femelle part rejoindre l’eau libre pour se nourrir, laissant derrière elle son partenaire garder l’œuf pour deux mois.

Un oeuf et juste au dessus, une poche incubatrice et juste au dessus, un manchot.
Agitation et mouvements de foule d’une tortue.

Et nous voilà donc à la période actuelle : la colonie est principalement constituée de mâles, couvant leur œuf et attendant l’éclosion et le retour des femelles. Les manchots sont beaucoup en tortue et assez silencieux, ce qui contraste avec la colonie du début que nous avions.

Le silence de la tortue.

Et mon travail dans tout ça ?

Moi expliquant à deux badauds le protocole scientifique que je dois mettre en oeuvre.
©Emmanuel Obermeyer.

Eh bien le protocole principal de l’hiver est l’acoustique. Mon but est d’enregistrer les chants de manchots transpondés (ceux qui ont une petite puce électronique, qu’on leur a implanté sous la peau lorsqu’ils étaient poussins). Pourquoi faire ? L’objectif est de savoir à quel point le chant d’un manchot est stable dans le temps, aussi bien au cours d’une année qu’au cours de sa vie, et dans quelle mesure ce chant est un marqueur de la santé du manchot. Comment faire ? J’ai déployé des antennes fin mars-début avril, habilement dissimulée sous la neige, là où les manchots passaient pour rejoindre la colonie. Puis, j’attendais. Quand un manchot transpondé marchait au-dessus de l’antenne, un signal sonore était émis et je le marquais à l’aide de teinture à cheveux déposée sur un pinceau, au bout d’une perche de 3m. De cette façon, le manchot n’était pas capturé, il était simplement touché par un pinceau, à distance. La difficulté réside ensuite à retrouver les manchots marqués, car, avec une perche de 3m et de la teinture parfois gelée, mes marquages n’étaient pas toujours très visibles ou durables… Depuis, j’ai marqué une petite quarantaine de manchots que j’essaie de suivre quotidiennement. Je connais par cœur tous ceux que j’ai revus (pour les autres, les marques n’ont peut-être pas tenu assez longtemps). Ainsi, pour résumer : mon job, durant le mois de mai, a été de retrouver 40 manchots avec une marque noire plus ou moins visible sur le ventre parmi 8 000, et si possible, enregistrer leur chant. Autant vous dire que j’ai passé beaucoup de temps sur le terrain, par -25°C, pour une quantité de résultats assez faible et je compte bien continuer !

Deux individus marqués se montrent leurs oeufs.

Canicule polaire.

Calendrier : Juin

Juin ! Juin est déjà là, avec la promesse de nuits de plus en plus longues, de solstice hivernal et de festivités en tout genre à l’occasion de la « mid-winter ». Juin est aussi le moment de petit creux dans l’activité de terrain puisque les journées sont courtes, le temps pas tout le temps clément et les manchots au ralenti. Bientôt je vous ferai part d’un article sur les empereurs, mais, sinon, ma collègue Camille m’a bien devancée et en a écrit un de qualité exceptionnelle que je vous conseille d’aller voir : https://des-manchots-mais-pas-qu-eux.blogspot.com/2021/05/les-empereurs-sont-la-depuis-deja.html (il y a même des photos de moi, en tenue de travail. Saurez-vous reconnaitre une Adélie d’une Camille sur la banquise ?). Mais trêve de publicité pour la concurrence, et passons sans plus attendre au dessin de Juin.

Plonger directement dans la gueule d’un léopard de mer n’est pas recommandé par l’OMS.

Et pour les personnes curieuses : mais c’est quoi la mid-winter ? La mid-winter est une semaine de relaxe dans l’hivernage où sont organisées activités et soirées afin de fêter les jours les moins ensoleillés de l’année. Pour ce faire, des « partis politiques » s’affrontent une semaine avant à coup de propagande déloyale afin d’être élu et de remporter le titre honorifique de « Onz’TA » (car notre chef de district est nommé le « DisTA », et donc, celui d’après, c’est le Onz’TA, vous voyez le niveau d’humour recommandé pour la mid’ ?). Le parti élu aura en charge l’organisation de la semaine.

Les espèces de Terre Adélie – partie 2

Voici le deuxième et dernier opus de notre petit tour des espèces se reproduisant en Terre Adélie. J’en profite ici pour vous mettre au courant du choix éditorial que moi et moi-même avons décidé d’établir : pour certaines espèces où je n’ai pas de détail croustillant à donner, j’ai préféré vous parler de généralités. Pour les autres, je me suis concentrée sur un petit détail, qui, j’espère, vous permettra de briller en société, tout en ayant de grandes lacunes. De façon générale : toutes les espèces mentionnées ici vont en mer lorsqu’elles ne sont pas en Antarctique. Leur milieu de vie principal reste l’océan, et leur présence en dehors de l’élément liquide est plus une parenthèse (importante, car c’est là que se passe la reproduction et donc la perpétuité de l’espèce) que la norme.

Enfin, à la fin de cet article, je vous propose un petit jeu, avec différentes photographies de petits et il faut retrouver à quelle espèce ils appartiennent. Il faudra juste que je pense à vous donner les réponses un jour ou l’autre…

Oui, j’ai confondu de très loin un PGA et un léopard.

Le labbe antarctique ou « skua »

Un couple de skuas

Skua est le mot anglais pour désigner le labbe et lui est souvent préféré, même en territoire français. Par sa taille assez imposante (entre 1.5 et 2kg pour une envergure allant jusque 160 cm), son comportement de prédateur et charognard ainsi que ses cris de défense, cet oiseau peut être impressionnant. Plus d’un hivernant a eu peur d’un skua (et notamment notre « Radio », 1m90, 95kg de muscles, qui a vu son courage réduit à néant par l’arrivée inattendue d’un skua près de sa tête). Les skuas ont en effet cette caractéristique de protéger leurs rejetons en alertant fortement les alentours puis en fonçant vers ce qu’ils considèrent comme étant la menace. Or, les petits skuas sont assez bien camouflés et il est fréquent qu’en se baladant dans les cailloux de l’ile, nous nous approchions par mégarde d’un territoire de skua et que ce dernier nous attaque. Par chance, au pire, nous ne risquons qu’un petit coup de bec sur la tête (assez surprenant quand on ne le voit pas venir). Pendant l’été, les skuas ont comme proie les autres espèces d’oiseaux (sauf le PGA), et surtout les jeunes. Il est arrivé plusieurs fois de voir un skua attaquer un poussin Adélie qui semblait un peu faible et commencer à le picorer. Ils peuvent aussi se repaitre d’individus morts depuis plusieurs jours, voire congelés – décongelés plusieurs fois, sans aucun égard pour le respect de la chaine du froid. En hiver, les skuas repartent en mer et pêchent.

Le même couple que précédemment, mais en vol

Le pétrel géant antarctique

Couple de PGA, discutant de choses et d’autres.

Appelé communément PGA, cet oiseau peut rappeler, par son aspect et son cri, les dinosaures d’un autre temps (j’en profite pour rappeler que les oiseaux font partie du clade « dinosauria » et de fait, sont donc de véritables dinosaures contemporains). Avec ses 2 m d’envergure et ses 5 kg, il ne passe pas inaperçu lorsqu’il plane. C’est la dernière espèce à s’en aller pour l’hiver et la première à revenir (manchot empereur mis à part). Les PGA sont aussi prédateurs et charognards opportunistes, mais, contrairement aux skuas, il semblerait qu’il leur faille une viande plus fraiche. Seule une quinzaine de couples subsiste sur les iles alentours depuis plusieurs années. Ils étaient plus nombreux avant l’arrivée massive des humains, mais, sensibles au dérangement, leur population sur l’archipel s’est effondrée et peine à remonter. Il est donc interdit de les approcher sauf exceptionnellement pour le suivi ornithologique dont ma collègue s’occupe. Cette année, à l’issu de la saison de reproduction, nous avons pu constater l’envol de 8 poussins. Mondialement, cette espèce n’est ni menacée ni en danger.

Le bout du bec du PGA est vert.

Le manchot Adélie

Eclosion d’un manchot Adélie de sa coquille de neige.

C’est un petit manchot, noir et blanc, dont je vous ai déjà parlé. Il a la particularité de former des colonies constituées de nids faits en cailloux (finalement, comme certains oiseaux volants dont je vous ai parlé, mais avec des cailloux d’une taille un peu plus honnête). Les manchots récupèrent la plupart du temps le même nid d’une année sur l’autre, ou tout du moins le même emplacement. Il est fréquent qu’ils doivent refaire tout leur nid car les cailloux sont rapidement dispersés au gré des vols ou des piétinements des poussins. Un point que j’aimerais aborder sur cette espèce est la mauvaise image donnée par un des premiers explorateurs à avoir décrit son comportement. Il est de mon devoir de rétablir l’ineffable vérité : non, les manchots Adélie n’ont pas un comportement sexuel particulièrement choquant par rapport aux autres espèces animales (être humain inclus). Pour celles et ceux qui ne seraient pas au courant de l’histoire, George Murray Levick, scientifique d’une expédition anglaise du début du XXe siècle s’était mis en tête de décrire le comportement des manchots Adélie. Je ne sais pas trop pourquoi, mais apparemment, il fut choqué par leur mœurs sexuelles et, rédigea ses observations sur ce point-là en grec ancien afin de préserver ses compatriotes de l’atrocité de ce qu’il croyait avoir vu, ou que sais-je. Quoi qu’il en soit, à moins que les manchots n’aient changé leur comportement drastiquement en 110 ans, il n’en est rien. De façon générale, le mâle arrive plus tôt que la femelle et commence à constituer un nid, en amassant des cailloux. Les femelles reviennent ensuite, et selon la réussite de reproduction de l’an passé, elles favorisent ou non de retourner avec le même mâle que l’année précédente. La qualité du nid est gage d’une bonne santé chez le mâle et donc signe d’une plus grande probabilité à ce que les poussins survivent. Après la pariade (deux individus se mettent en couple), les deux membres du couple participent à la construction du nid. Certes, les manchots, pour construire leur nid, peuvent aller piquer des cailloux sur d’autres nids. Il est aussi possible que certains individus aient des relations sexuelles avec d’autres qui ne soient pas leur partenaire, mais ce phénomène reste marginal. Des batailles féroces entre manchots peuvent avoir lieu, en cas de vol de caillou ou pire, de vol de nid, ce qui reste tout de même assez rare. Enfin, en ce qui concerne la notion de « viol », plusieurs fois citée dans certaines littératures tapageuses et peu rigoureuses, elle me parait complexe à apposer à cette espèce puisque la femelle doit être réceptive pour permettre l’abouchement des deux cloaques (même si elle est couchée, il faut qu’elle soulève sa queue). Il est vrai cependant, comme dans beaucoup d’espèces, que les jeunes mâles semblent avoir parfois quelques difficultés à reconnaitre une partenaire potentielle (facilement confondue avec un rocher ou un cadavre gelé). Mais qui sommes-nous pour leur jeter le caillou ?

Adolescent affamé poursuivant sans relâche son parent épuisé.

Le manchot empereur

Jean-Michel Empereur, contrôleur des taxes.

Seule espèce à se reproduire pendant l’hiver austral sur le continent antarctique, le manchot empereur pèse 20 à 40kg pour une taille allant jusqu’à 1m20 (cou tendu, debout sur ses pattes). Il me semble que ce manchot est assez bien connu du grand public grâce aux différents films réalisés dessus. Nous sommes une des rares stations scientifiques d’Antarctique implantée à côté d’une colonie d’empereurs, et cette chance me permet d’aller les observer tous les jours (sauf tempête). En ce moment, les manchots finissent la période d’accouplement et commencent la ponte. Une des caractéristiques de cette espèce est que les parents s’éloignent de leur petit en élevage pendant une longue période : les femelles, après avoir pondu et refilé l’œuf à leur partenaire, s’en vont pêcher pendant 6 à 8 semaines. Il est important que les femelles reviennent pour prendre le relai. Or, au bout de 8 semaines, n’a-t-elle pas oublié qu’elle avait un petit ? Potentiellement, en plus, l’œuf a été cassé ou perdu… Ce qui permet aux empereurs de ne pas abandonner leur progéniture, c’est un taux d’hormones parentales très élevé tout au long de la saison de reproduction. Là où le bât blesse, c’est lorsque l’œuf ou le poussin a été perdu, les parents conservent ce taux d’hormone parentale élevée. Ils effectuent alors ce qu’on nomme des rapts : les parents esseulés tentent de voler les petits d’autres parents. Bien souvent, ces rapts finissent assez mal pour le poussin, qui se retrouve en dehors de l’enclave protectrice de son parent, dans le froid. Lorsque le rapt est réussi, il est assez fréquent que le parent ayant rapté le poussin l’abandonne finalement après quelques heures.

Le phoque de Weddell

Limace de mer

Ce phoque, contrairement aux espèces mentionnées précédemment, est un phoque et non pas un oiseau. Il pèse entre entre 300 et 400kg et les femelles sont plus grandes et plus grosses que les mâles. C’est un des phoques capable de plonger le plus profondément et le plus longtemps, après bien sûr l’éléphant de mer, champion de tous les records. Comme tous les phoques, et beaucoup d’animaux plongeurs, il ralentit sa fréquence cardiaque de façon assez spectaculaire : il peut passer de 140 à 16 battements par minute, économisant ainsi de l’énergie. Ces phoques viennent sur la banquise pour se reposer ou se reproduire, mais la grande majorité du temps ils sont dans l’eau. La présence d’un phoque sur la banquise signe soit une polynie (zone d’eau libre entourée de banquise) ou un trou de phoque : les animaux maintiennent un trou fonctionnel en le creusant avec leur gueule.

Les espèces de Terre Adélie – partie 1

La faune nous entoure en permanence durant la campagne d’été. Nous vivons entre les colonies d’Adélie, de pétrels des neiges et d’océanites. Parfois, nous ne les remarquons même plus. Mais, depuis que tous ces oiseaux sont partis, leur absence est encore plus saisissante que lorsqu’ils étaient là. Et c’est pour ça que je vais vous présenter les 9 espèces qui se reproduisent en Terre Adélie (il y a ensuite des visiteurs, comme le léopard de mer, que je ne présenterai pas ici), alors que la majorité d’entre elles a déserté l’ile des Pétrels.

9 espèces, ça ne fait pas beaucoup, et on pourrait croire que le peu de diversité est lassant, monotone ou répétitif. Personnellement, je pense que, au contraire, il est très enrichissant d’avoir une faible diversité d’espèces, mais avec un assez grand nombre d’individus. Cela nous permet d’observer et de comprendre chacune des espèces avec plus d’attention que s’il y en avait 20 ou 30. Ensuite, pendant l’hiver, nous n’aurons plus qu’une seule espèce présente : les manchots empereurs. A la fin de ces longs mois sombres et mono-spécifiques, je vous dirai si la diversité me manque ou non. J’aurais tendance à parier que non.

Nous avons donc comme espèces 8 oiseaux et un phoque. Commençons par les oiseaux, rangés du plus petit au plus grand.

L’océanite de Wilson

40 grammes de bravoure.

C’est la plus petite des espèces qui niche en Antarctique, elle pèse seulement 40 grammes. Comme tous les oiseaux marins, elle se nourrit en pêchant. Elle peut plonger jusque 15 cm ! Bon, certes, ce n’est pas très impressionnant peut-être. Alors, voilà de quoi vous émerveiller sur cette espèce : elle peut supporter des températures de -50°C et sa migration est estimée à environ 60 000 km par an. Elle effectue en effet chaque année une migration de l’Antarctique jusqu’au 77° Nord avant de revenir se reproduire en Antarctique. Sa durée de vie est de 30 à 40 ans. Elle fait son nid dans les anfractuosités des cailloux et les poussins sont thermiquement indépendants (ils n’ont pas besoin que l’adulte reste près d’eux) au bout d’un jour seulement.

Le pétrel des neiges

Un pétrel des neiges.

Ce pétrel complètement blanc porte assez bien son nom. Il pèse entre 200 et 400g et a une envergure de 80 cm en moyenne. Un de ses moyens de défense, comme beaucoup d’oiseaux marins, est de régurgiter une partie de son contenu stomacal, généralement constitué de krill et d’huile. Ce régurgitat, à l’odeur assez particulière (pour ne pas dire repoussante, ignoble, répugnante) a pour effet, lorsqu’il est envoyé avec force contre un oiseau prédateur (comme le skua) de coller les plumes les unes avec les autres et donc de réduire la capacité de vol et l’imperméabilité du plumage. Lorsque ce même régurgitat est craché contre des ornithologues consciencieuses baguant les oiseaux de l’ile, il a comme effet de nous faire sentir l’huile de poisson pendant des semaines. C’est généralement la période de l’année, où, étrangement, les gens nous approchent moins. Aussi, j’ai pu observer un pétrel des neiges entièrement orange. Après avoir déchanté de la non-découverte d’une nouvelle espèce, j’ai habilement compris qu’il s’agissait d’un individu qui, lors des parades amoureuses, s’était fait régurgité dessus et avait donc perdu la blancheur de son plumage, le partenaire qu’il visait et sa capacité de vol au passage.

Il a l’air doux et gentil comme ça, jusqu’à ce qu’il se décide à régurgiter de tout son saoul.

Le damier du cap

On peut admirer la qualité du nid fait en petits cailloux, classique des damiers et des fulmars
©Camille Mermillon.

Merveille des merveilles, aussi bien dans l’apparence que dans le chant, cet oiseau de taille similaire au pétrel des neiges présente un plumage bien spécifique, blanc tacheté de noir, ou noir tacheté de blanc, c’est selon. Contrairement au pétrel des neiges et à l’océanite qui cherchent refuge sous les cailloux, le damier fait son nid directement dehors, au vu et au su de tous. Son moyen de défense favori est, comme pour les deux autres, un régurgitat sympathique et odorant.

Le fulmar antarctique

A l’instar des bouquetins, le fulmar peut être trouvé sur les falaises.
©Camille Mermillon.

Nous avons la chance ici d’avoir une falaise abritant quelques fulmars antarctiques. Elle se situe d’ailleurs juste face à la fenêtre de Biomar et nous pouvions, en été, les voir voler allègrement. Leur plumage est dégradé (du blanc vers le gris, ici, les couleurs sont discrètes) et leur bec et pattes sont roses. Il pèse autour de 800g, ce qui est un bon morceau. Comme les deux oiseaux précédents, il se nourrit majoritairement de krill et de petits crustacés, qu’il régurgite par contre plus rarement, pour le plus grand bonheur des ornithologues. Son nid, comme celui du damier, est constitué d’un grand nombre de petits morceaux de cailloux confortables.

Contrairement aux bouquetins, le fulmar peut voler
©Camille Mermillon. .

Je m’arrête là pour aujourd’hui, la deuxième partie est prête à être postée, mais je vous connais (ou tout du moins certains d’entre vous) et si l’article est trop long, vous ne le lirez pas ! La suite au prochain épisode (dans 2-3 jours).

Calendrier : Mai

Bienvenue en Mai !

Les journées sont chargées, le temps est court, l’air est froid.

J’en profite pour vous glisser quelques nouvelles d’ici : je passe la majorité du temps dehors, avec les manchots empereurs, dont je vous parlerai incessamment sous peu, sous forme de brèves sans doute. Nous avons eu des journées à -27°C (-41°C de ressenti) et je peux assurer que ça pique ! Ce sont des températures assez inhabituelles pour le mois d’Avril (10°C sous la normale, tout de même), et j’espère que Mai sera plus clément. Pour l’instant, le vent et le froid nous tiennent compagnie mais la neige est assez absente.

Sur la vie en communauté, tout se passe assez bien, nous avons fêté 3 anniversaires, ce qui est toujours l’occasion de rivaliser d’ingéniosité pour créer des cadeaux made in DDU (un jour, je vous en parlerai, peut-être). Nous n’avons en revanche plus que 2 sortes de fruits frais disponibles : orange ou pomme.

Voilà l’image de ce mois-ci ! Et à bientôt !

« En Mai, ne te perds pas d’un fil » comme dit l’expression.

Journal de brève : la banquise, enfin.

Hop là, que les journées sont trop courtes en ce moment pour faire tout ce dont on a envie, comme par exemple l’article dont je vous parle depuis si longtemps sur les différentes espèces… et pourtant, il n’y en a pas beaucoup des espèces. A la place, je fais des semi-articles, aux noms de plus en plus fantasques.

Je vais donc vous donner des nouvelles fraiches (c’est le cas de le dire, ahah) de ce qu’il se passe ici.

Un manchot empereur habilement dissimulé derrière un Adélie

Ça faisait une demi-éternité que nous étions bloquées sur l’ile, sans pouvoir aller sur les autres iles, aux alentours, ni même poser pied sur la banquise nouvellement formée, sous risque de passer à l’eau. Camille (ma co-hivernante ornitho) et moi-même rongions notre frein en rangeant frénétiquement le laboratoire et en faisant soit de l’accordéon soit la préparation d’un escape game.

Le dernier manchot Adélie (ou un de ses cousins)

Au fur et à mesure du temps qui passait, les manchots Adélie désertaient de plus en plus l’ile, s’en allant avec l’hiver venant ; d’ailleurs, le dernier est parti il y a 4 jours. Nous avons aussi constaté les premières arrivées des manchots empereurs, timides au départ, puis de plus en plus massives. J’ai une belle petite quantité de travail à faire sur les empereurs (et notamment un protocole crucial à leur arrivée) et l’impossibilité d’aller sur la glace me met assez en retard dans le planning. Mais comment savoir quand retourner sur la banquise ? En tentant sa chance ? En lançant des cailloux dessus ? Eh non, c’est en y faisant des trous, pardi !

La glace nouvelle qui s’est formée lentement, lors d’un coucher de soleil encore une fois superbe
Le perçage de banquise.

Le dista (chef de district de la Terre Adélie, Serge de son prénom) a fait un premier sondage il y a 10 jours afin d’estimer l’épaisseur de la banquise. Pour cela, il a creusé un trou à l’aide d’un foret, puis il a mesuré l’épaisseur de glace sous lui. Les sondages sont un peu risqués car, pour les faire, il faut être debout sur une banquise dont on ne connait pas l’épaisseur. Ce n’était donc pas impossible que notre dista prenne un bain glacé inattendu ! Le premier sondage a révélé une banquise de 10 cm, ce qui est bien, mais pas assez pour laisser vagabonder des humains dessus en toute tranquillité. On a donc patienté un peu plus et, il y a 3 jours, un nouveau sondage a été fait. Cette fois-ci, youpi, les 20 cm réglementaires étaient atteints et nous avons eu l’autorisation express de nous déplacer à 2 endroits afin d’y effectuer des manips ornithologiques. La banquise n’est pas encore autorisée d’accès à tout le monde et partout, mais vu le froid qui règne en ce moment, ça ne saurait tarder.

La manchotière en formation.

Je suis donc allée aider Camille à baguer les pétrels géants antarctiques avant d’installer des antennes de détection pour manchots transpondés. Les journées sont désormais doubles puisqu’il faut réussir à rattraper près de 10 jours de retard ! Heureusement pour moi, je ne peux pas travailler dehors la nuit, ce qui limite obligatoirement mes horaires, ouf ! (en ce moment, le soleil est présent de 08h à 18h à peu près).

Poussin pétrel géant antarctique

Mon travail actuel consiste à mettre des antennes de détections (les mêmes que pour les manchots Adélie), faire en sorte qu’elles fonctionnent bien avec l’aide de mes deux instrums favoris (j’ai nommé Raph et Manu), et marquer des manchots transpondés qui passeraient dessus afin de les reconnaitre tout au long de l’année et étudier leur chant. Mais j’en parlerai sans doute dans un prochain article…

Une colonne de 150 manchots se préparant à passer sur une de mes antennes judicieusement placée

Calendrier : Avril

Et voilà déjà Avril ! On ne se découvre plus d’un fil ici, les -26°C de ressenti commencent à piquer un peu les joues.

Le sèche-cheveux glacial de l’Antarctique souffle sur nos visages ses aiguilles de neige.

J’étais de service base hier, ce qui fait que j’en ai profité pour faire plein de petites blagues à mes collègues (comme scotcher des chaises ensemble ou coller des poissons dans le dos ou encore mettre une étiquette « en panne » sur la machine à café ou bien mettre un film plastique sur les urinoires…) on s’amuse comme des petits fous !

J’avais aussi préparé un diaporama de toutes les personnes de la mission avec des photos d’elles bébé, une folle ambiance je vous dis ! Il faut bien s’occuper pendant ces longs mois… La prochaine occupation : préparer un escape game avec deux acolytes chenapans (le patissier Nathan, surnommé NatPat et l’informaticien, Emmanuel, surnommé étonnamment Manu) et préparer le film de l’Open (un petit concours de films réalisés par les bases polaires du monde entier !)

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